Hanoï. Photo de mariage et autres réflexions.

L’air de rien, j’avance sur ma collection de mariages.

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Quelques pieds sous l’eau

C’était une étendue de sable triste et monotone, à quelques encablures de Lanzarote. L’artiste britannique Jason deCaires Taylor y a crée le premier Musée sous-marin européen. Une dizaine d’installation, politiques pour la plupart. Des banquiers prennent du bon temps sur des balançoires avant de poser, une corde pendue autour du cou. Un zodiac peuplé de migrants pensifs et désabusés à la Géricault renvoie aux drames méditerranéens de Lampedusa. A quelque mètres du radeau médusé, un couple de touriste fait un selfie. Une horde d’humains se pressent vers une frontière. Des enfants jouent dans des barques. Un homme attend le feu sur un bûcher. A la toute fin, une danse humaine de 200 corps s’effondrent dans une ronde parfaite. Des bancs de poissons y ont élu domicile.

Les statues de pierre, immergées depuis un an, ont entamé leur lente transformation. Les traits des visages ont commencé à disparaître sous les algues. Les sculptures de béton  ressuscitent sous une forme végétale et animale, créent une vie marine là où il n’y avait rien.

 

Jason deCaires Taylor

Facebook du Musée

La cathédrale de Justo

C’est l’histoire d’un mec, Justo, qui, a 91 ans à peine, n’en finit pas de construire sa cathédrale, improbable palais brut et multicolore. Sur son terrain, à une vingtaine de kilomètres de Madrid, l’ancien moine, viré pour tuberculose contagieuse, s’est lancé il y a plus de 50 ans dans cette illumination, à l’aide de matériaux de récupération, de ferraille, de béton, de pelles et de truelles. La cathédrale de Nuestra Senora del Pilar. Il n’y a pas de plan, pas d’étude, pas de maquette. Encore moins d’architecte. Aucune norme de sécurité, encore moins de permis de construire. Juste un mec qui badigeonne de béton des armatures en fer à 30 mètres de hauteur. Il n’y a pas de grue, pas d’échafaudage, pas de bétonneuse bruyante. Et miracle, elle tient debout, sa cathédrale.

Il y a juste la lumière qui brûle les vitraux peinturlurés et les fresques naïves. Il y a juste des cigognes qui se dorent en haut des tours et des chiens qu’on dérange. Il y a juste des porte-clés fait maison à 5 euros et des calendriers à 15. Un DVD qui tourne en boucle sur une TV collector. Il y a juste des sacs de ciment et des bidons de peinture, qui attendent que Justo se lève. Sur les coupures de presse qui décorent un mur du transept, Justo dit commencer à 4h tous les jours. Mais ces derniers temps le bâtisseur est un peu fatigué et son beau frère, venu en voisin avoue qu’il fait la grasse matinée. Derrière les vitres poussiéreuses de la sacristie on ne distingue que son étole et son bonnet rouge.

plus :

https://www.greatbigstory.com/stories/this-90-year-old-is-hand-building-a-cathedral

http://www.ramakrishna.eu/Cathedrale.html

http://www.atlasobscura.com/articles/100-wonders-the-self-built-cathedral

Voir Chypre et mourir (un peu)

 

Plus de 50% des visiteurs proviennent de la Grande-Bretagne, une source traditionnelle de tourisme pour l’île. Le ralentissement de l’économie britannique dans les années 2000 se traduit par une baisse des arrivées de touristes en soulignant la dépendance excessive de l’industrie touristique de Chypre sur un seul pays. En 2009, des efforts étaient en cours pour augmenter les arrivées d’autres pays, par exemple en simplifiant l’obtention de visas pour les russes

D’après wikipedia. Je n’ai rien à ajouter.

Pendant ce temps là, au Havre.

Quant aux quatre nonnes dont tout le monde se fiche bien, voilà l’histoire. Voyant passer le Queen Mary 2 depuis leur ‘maison’ (leur mot), elles décident ‘pour une fois’ d’aller voir en vrai à quoi ça ressemble, un paquebot. Et de se prendre en photo, les unes les autres, à l’aide d’un téléphone antediluvien (pre 2005). Et de chercher comment caser, dans le même cadre, l’imposante proue et la modeste coiffe.

La préposée a un fort accent d’outre manche et un piètre talent de photographe. Anglaise ? Non, Irlandaise. Je propose mes services, elles hésitent, se laissent tenter. Avancez, un peu plus près, à gauche, voilà, parfait. J’appuie 2 fois sur le bouton (c’est un téléphone avec un clavier), ça ressemble à une infâme bouillie de pixels. Je souris, double avec mon petit boitier, leur dis qu’elles sont jolies comme ça. Elles rient, m’interpellent : elles espèrent que ça n’ira pas dans le Journal de Paris ! Non non. D’ailleurs, je ne connais même pas le journal de Paris. D’ailleurs, ma photo n’est pas beaucoup plus réussi que la leur.